L’ambition de l’étude Art, Bien-être, Cerveau : une rencontre essentielle? vise à traiter sous plusieurs angles une même question.
Pour répondre à ce défi, trois doctorantes, Débora Viglieri, Eléonore Mariette et Raphaëlle Lemaire ont chacune entrepris une thèse.
Débora Viglieri, sous la direction d’Hervé Platel et co-direction d’Eric Bui étudie les Effets neuropsychologiques de l’art dans le vieillissement normal et pathologique.
Eléonore Mariette sous la direction de Véronique Agin et co-direction de Nicolas Poirel étudie l’Effet de visites au musée sur les capacités attentionnelles et exécutives.
Raphaëlle Lemaire sous la direction de Youssef Chahir et le co-encadrement d’Alexis Lechervy fait une Étude du regard sur les œuvres d’art et de sa corrélation au texte produit par un médiateur artistique.

Elle découvre la neuropsychologie à 17 ans, sujet de ses études. Rapidement, elle s’intéresse aux altérations du cerveau dans les maladies dégénératives et à l’impact de l’art sur les fonctions cognitives dans ces pathologies.
Sa thèse consiste à mesurer l’effet d’une visite au musée sur la dynamique cérébrale. L’objectif de son travail est également de voir si la présence d’une médiation culturelle influence ou non les souvenirs des tableaux et l’engagement émotionnel face aux œuvres.
Laboratoire NIMH – Inserm – UMR-S 1077 (Neuropsychologie et Imagerie de la Mémoire Humaine) Université Caen Normandie
Laboratoire PhIND – Inserm – UMR-S 1237 (Physiopathology and Imaging of Neurological Disorders) Université Caen Normandie
Après la philosophie, le théâtre et la communication, Eléonore Mariette décide de reprendre des études de psychologie. Elle veut comprendre le cheminement entre la perception et le raisonnement. Au cours de sa thèse, elle va « tenter de mesurer les effets de l’art sur les fonctions exécutives et l’attention visuelle, ces compétences cognitives qui nous permettent de percevoir le monde qui nous entoure et d’agir de façon organisée pour atteindre nos objectifs ». Car si l’art permet de les stimuler, il pourrait faire du bien à ceux chez qui ces fonctions déclinent avec l’âge ou sont altérées par la maladie, voire même soutenir les apprentissages chez l’enfant.
Laboratoire PhIND – Inserm – UMR-S 1237 (Physiopathology and Imaging of Neurological Disorders) Université Caen Normandie
Laboratoire LaPsyDÉ – UMR CNRS 8240 (Psychologie du Développement et de l’Éducation de l’enfant), Université Paris Cité


Raphaëlle Lemaire suit des études d’informatique et s’oriente vers le traitement d’image à usage médical. Elle s’intéresse au eye-tracking, des lunettes spécifiques pouvant suivre et enregistrer le mouvement du regard. Cela permet de visualiser les différences de parcours visuels entre des participants ayant entendu la description d’un tableau ou pas.
En analysant les données récoltées, elle va chercher à « retrouver le chemin du regard d’un visiteur sur un tableau, avec et sans accompagnement d’une médiation », c’est-à-dire d’un texte d’explication. Avec, pour finalité, d’améliorer les modèles actuels d’intelligence artificielle qui font le lien entre texte et image. L’objectif est de mieux comprendre l’implication émotionnelle et cognitive face à l’œuvre.
Laboratoire GREYC – UMR CNRS 6072 – (Recherche en science du numérique de Caen) Université de Caen Normandie
Pendant la première année du projet, la journaliste Marylène Carre a proposé aux trois doctorantes de lui envoyer régulièrement des messages vocaux pour partager l’avancée de leurs travaux et leurs états d’âme.
Entre décembre 2023 et mai 2025, leurs messages racontent les doutes, la pression, le découragement, mais aussi les moments de grâce, la satisfaction de relever un défi, la capacité à toujours se remettre à l’ouvrage.
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