Une étude répond forcément à un protocole, c’est-à-dire un ensemble de procédures permettant de réaliser des expérimentations pour répondre à un ou des objectifs.
C’est ce que nous allons découvrir et comprendre en entrant au cœur de cette étude qui repose sur une expérimentation à laquelle participe une impressionnante cohorte de presque 200 participants et participantes volontaires.
Cette expérimentation s’intitule « passation » parce que celles et ceux qui en ont fait partie sont « passé.e.s » au musée des Beaux-Arts pour effectuer une série d’exercices.
La passation est le point central de l’étude car elle permet de récolter toutes les données nécessaires aux recherches.
Le protocole s’écrit à la manière d’un scénario qui définirait dans le détail toutes les étapes indispensables à la bonne marche de la recherche.
Dans le cadre d’une recherche impliquant des personnes, Le Code de la santé publique impose avant toute mise en œuvre effective que le protocole de cette recherche soit soumis à un Comité de protection des personnes qui émettra un avis. S’il est « défavorable », il peut être accompagné de remarques et recommandations pour un second examen.
Une fois l’avis favorable délivré, il n’est plus possible de modifier le protocole, sous peine de devoir recommencer le processus de validation depuis le début.
Le CPP est composé de 36 membres du monde médical et de la « société civile ».
Plus l’étude est complexe, plus l’écriture du protocole est longue (de plusieurs mois) et exigeante.


Le protocole repose tout entier sur deux passages au musée, un seul et un en binôme.
Et il s’agit de mettre en place un planning pour 200 personnes ! C’est un travail de titan.
Par ailleurs, il doit être respecté à la lettre. En effet, pour être en mesure de comparer les données produites à l’issue des « visites », il faut que chaque passation soit rigoureusement identique.
Immédiatement du point de vue du médialab qui documente l’ensemble de l’étude, se pose la question de la méthode. En effet, toute présence extérieure ne peut que perturber la passation, y compris l’installation d’un matériel fixe et automatisé. Ce qui dans tous les cas ne fait pas partie du protocole validé par le CPP.
Une seule solution : un court métrage de Sophiane Louaïl avec la comédienne Cendres Delort, rigoureusement scénarisé et mis en scène pour simuler avec exactitude une passation.
Avec Débora Viglieri, Eléonore Mariette, Raphaëlle Lemaire et Azamat Kaibaldiyev.